Résumé :

De l'image phonétique — [ʁɛʃ] — peut-il s’extraire une matière débarrassée du sens, ouverte à la projection d’émotions et de souvenirs ?

« Les danseurs, étalés horizontalement, glissent au sol et les uns sur les autres. »

Nous sommes au Panthéon à l’automne 2024 et la chorégraphe Myriam Gourfink m'invite à documenter librement sa dernière pièce Rêche. Quelle image cinématographique traduit une danse fondée sur le glissement, les frictions, l’étirement et la perception fine du temps ?

 

https://www.myriam-gourfink.com/reche/

 

MARGAUX VENDASSI

film documentaire 4K | 2025 | 23' | couleur

[ʁɛʃ]

 

Montrer des fragments plutôt que des corps entiers met en jeu la recomposition mentale de la danse par le spectateur, déplaçant l’expérience du visible. Le cinéma agit ici comme un exhausteur de narration — non pas pour imposer un récit, mais pour ouvrir un espace de projection. Comme la danse et la musique, le film devient un support où chacun·e déploie son propre langage sensible : sensations, images mentales, dramaturgies intimes.

Traduire suppose une immersion attentive dans

le travail de la chorégraphe et du compositeur,

dans les temps secrets de la création.

Impossible de filmer Rêche au Panthéon comme en boîte noire. Le lieu s’impose — et c'est peu dire — agit, résonne. Le Panthéon est un autre "corps interprète" : ses volumes, ses tableaux, son acoustique entrent en dialogue avec les corps et les sons. Filmer les figures peintes.

La danse de Rêche ne repose pas sur un unisson visible, mais sur une synchronisation profonde des corps : respirations, battements, glissements des tissus. Filmer au ralenti et en plans serrés des fragments de corps et leurs tremblements. Enregistrer les frottements, les souffles, les chuchotements. Monter un unisson invisible : vibrations corps/sons

haut de page