Résumé :

Le film s’ouvre sur une AG d’enfants mouvementée, ça plante le décor ! " — Faut-il manifester ? », « — Oui. Quels slogans ? », « — De quelles couleurs seront les bombes de peinture ? ». Ils et elles interpellent jusqu’au président de la République. Ce que ces enfants préparent, c’est bien une manifestation. Montage sec et rapide, caméra portée à hauteur de leur regard, avec des prises de parole spontanées et libres : filmer l'enfant-manifestant comme point de vue politique à part entière.

 

Co-réalisé en complicité avec Camille D. Tonnerre : https://camilletonnerre.com/

 

MARGAUX VENDASSI

documentaire 4K | 2025 | 8' | couleur

Manifête co-réalisé avec Camille D. Tonnerre

 

Manifête est une manifestation festive rassemblant près de 400 enfants et adolescent·e·s, imaginée par le Festival de Marseille et le Badaboum Théâtre, et chorégraphiée par Marina Gomes. Pour inventer cette grande marche au départ de la Canebière, les élèves de dix-sept classes des écoles publiques marseil-laises, du CE2 à la 4e, ont pris part à une série d’ateliers menés dès le printemps 2025. Ces ateliers d’écriture, de danse et de conception plastique, animés par des artistes — chorégraphes, metteur·se·s en scène, musicien·ne·s — étaient axés sur la sensibilisation aux droits des enfants, leurs revendications et les formes par lesquelles une parole collective peut s’inscrire dans l’espace public. Conçue par et pour ces jeunes, Manifête ouvre un espace-temps où ils et elles ont pu exprimer leurs sentiments, leurs visions, leurs rêves. Invité·e·s à participer activement à l’éla-boration de cet événement public, ils et elles en sont devenu·e·s co-auteur·ice·s et se sont emparé·e·s de l'art comme outil politique pour revendiquer leurs droits et éprouver le faire démocratie. Le film est ainsi fait : du point de vue de l’enfant-manifestant.

À travers elles et eux, le film témoigne d’une émancipation citoyenne en devenir, où l’enfance apparaît comme un territoire d’engagement politique. À l’image de mouvements populaires contemporains, cette expérience collective interroge nos manières d’écouter, de décider et de faire société. En plaçant au centre les revendications des enfants, ce film — comme la Manifête elle-même — opère un déplacement du regard : prendre au sérieux une parole trop souvent minorée, alors même qu’elle est traversée par une sincérité radicale. Ce film révélant la force symbolique de cette prise de parole collective, rappelle que la rue demeure le lieu fondamental d’expression politique.

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